Le chant du rossignol

Qu’est-ce qu’un flageolet ? Question curieuse me direz vous. C’est un petit haricot. Perdu! En musique, le flageolet est une petite flûte à sifflet, que j’ai eu le bonheur de découvrir grâce au merveilleux enregistrement d’Hugo Reyne et son ensemble La Simphonie du Marais, un des meilleurs ensembles baroques français, qui défend le patrimoine musical français de Lully à Rameau. Dans Les Amours d’un Rossignol – Musique pour le flageolet français, Hugo Reyne assume trois rôles: à la fois chef d’orchestre, instrumentiste, et récitant, il nous guide, aussi bien en anglais qu’en français, dans l’exploration de cet instrument, qu’il décrit ainsi: « Le flageolet est un instrument auquel le nom d’agréable companion convient parfaitement car on peut le transporter dans la poche, et ainsi, sans souci, il nous tient compagnie aussi bien sur terre que sur mer. » Cet enregistrement est, comme l’explique Hugo Reyne dans le beau livret accompagnant le disque, le tout premier « dédié entièrement au flageolet français et à son répertoire », qui va du XVIIe au XIXe siècle.

Le titre de l’album, « suggéré par une œuvre d’Eugène Damaré » (1840-1919), « un des derniers compositeurs à avoir écrit pour le flageolet », renvoie au rossignol, considéré comme le « roi des oiseaux chanteurs », et à qui Igor Stravinsky rendra un très bel hommage musical qui m’a inspiré le titre de mon texte, car « le flageolet était utilisé pour « instruire » les oiseaux domestiques ». Pour guider les mélomanes dans cet univers inconnu de beaucoup d’entre nous, Hugo Reyne a élaboré un « parcours musical chronologique vivant et varié », qui nous permet de traverser deux siècles de musiques populaires que savantes, allant d’airs simples et connus de toutes et tous comme « A la claire fontaine » à des oeuvres raffinées et rares comme le délicieux Concerto The Cuckoo and the Nightingale de Georg-Friendrich Haendel (1685-1759).

Hugo Reyne joue dans cet album sur 13 flageolets, la plupart étant des instruments datant du XIXe siècle, parfois restaurés pour l’occasion, et dont un a été fabriqué pour cet enregistrement par Philippe Bolton. Les œuvres, légères et dansantes, interprétées avec beaucoup de joie, d’allant et de finesse par Hugo Reyne et les musiciens de La Simphonie du Marais sont un véritable enchantement, et une vraie bouffée d’air, qui nous permet d’échapper à la pesanteur d’un quotidien actuellement marqué par l’angoisse de la maladie et les contraintes du confinement. Voici une occasion de sortir en musique de nos intérieurs pour aller gambader en pensée dans la nature…

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