Bilan discographique 2020 – 4

Cette année 2020 a été une belle année pour les interprétations historiquement informées, notamment en France où les que les ensembles travaillant avec des instruments d’époque (ou des copies d’instruments) m’ont fait découvrir des oeuvres rares du répertoire français sous leurs plus beaux atours.

Les Plaisirs du Louvre : Airs pour la Chambre de Louis XIII (Ensemble Correspondances – Sébastien Daucé)

Luxe, calme et volupté à la cour de Louis XIII ! Cet album d’air de cour du temps du règne du roi Louis XIII est un éblouissement qui plonge l’auditeur dans l’ambiance de la cour du roi de France dans la première moitié du XVIIe siècle : « Jetant les premiers feux du Grand Siècle, le règne de Louis XIII représente l’âge d’or de cette culture galante dont l’emblème musical, l’air de cour, irrigua toute la société, faisant résonner salons, galeries et “ruelles” des résidences aristocratiques de la capitale, et tout particulièrement la plus symbolique d’entre elles : le Louvre. » Sébastien Daucé, son ensemble Correspondances et un plateau éblouissant de chanteuses et chanteurs français exceptionnels se sont surpassés pour incarner ces airs de cour, dont Thomas Leconte explique dans l’excellent livret du disque qu’ils consistaient « en de courtes mises en musique de poésies galantes et raffinées, dont le goût grandissant gagnait alors les cercles lettrés, aristocratiques et bourgeois. Musique subtile capable d’exprimer toutes les nuances de l’empire amoureux, l’air de cour fut l’un des éléments emblématiques d’une société où l’“honnête homme” s’adonnait à l’art de plaire et de “bien dire” selon les codes précieux de la culture galante. »

Méditations pour le Carême – Charpentier (Ensemble les Surprises – Louis-Noël Bestion de Camboulas)

Après les fastes du Louvres sous le règne de Louis XIII, changement d’ambiance avec les Méditations pour le Carême de Marc-Antoine Charpentier (1643-1704), qui furent sauvées de l’oubli par Sebastien de Brossard, un compositeur et théoricien de la musique et surtout un des plus grands collectionneurs de son temps, qui avait conservé ce cycle de petits motets de Charpentier. Comme l’explique Louis-Noël Bestion de Camboulas, « ces pièces de Charpentier sont de véritables tableaux qui invitent à la méditation. Elles ont été composées à une époque où la période du Carême et de la Semaine sainte était propice à l’écoute d’œuvres musicales hautement expressives (telles les fameuses Leçons de Ténèbres). À ce moment de l’année, les théâtres et opéras étant fermés, c’était à l’église que se rassemblaient les foules mondaines férues de concerts. Les compositeurs se surpassaient pour écrire une musique dramatique, quelques fois d’une richesse harmonique et d’une suavité qui choquaient les dévots les plus fervents ! ». Construit autour de la figure de Sebastien de Brossard, le programme de cet album permet également de découvrir deux motets de Brossard ainsi que des pièces instrumentales de Marin Marais et de Robert de Visée. Cet enregistrement de l’ensemble Les Surprises et de Louis-Noël Bestion de Camboulas est un de mes coups de cœurs musicaux de cette année 2020, grâce au travail admirable de tous les interprètes de ce jeune ensemble, co-fondé par Juliette Guignard et Louis-Noël Bestion de Camboulas il y 10 ans.

Richard Cœur de Lion – Grétry (Le Concert Spirituel – Hervé Niquet)

Après la publication d’un formidable enregistrement de Raoul Barbe-Bleue l’année dernière, voici un autre opéra d’André Grétry (1741-1813) que j’ai eu l’occasion de découvrir avec un grand plaisir. Cette production de Richard Cœur de Lion est la « première production intégrale de l’Opéra Royal de Versailles depuis 1789 ». Cet opéra qui eu un dans grand succès dans les années 1780 est resté dans l’histoire de la Révolution. En effet, « un air célèbre de cet opéra « Ô Richard, Ô mon Roi » fut « entonné dans l’Opéra Royal par les Gardes du Corps de Louis XVI lors de leur banquet du 1er octobre 1789, pour saluer Marie-Antoinette et le Roi, déchaînant la vindicte et amenant la foule à Versailles, qui force la famille royale à quitter le château le 6 octobre pour ne jamais y revenir… » (Livret de l’enregistrement). Cet enregistrement flamboyant par Hervé Niquet, Le Concert Spirituel et une belle distribution de chanteuses et chanteurs est tout aussi réjouissant que cet opéra comique qui peut être considéré comme une œuvre de transition entre les périodes classiques et romantiques : « There are many appeals in Richard the Lionheart. At times, the inspiration is stronger and broader than usual in Grétry. With this beautiful evocation of the Middle Ages, a pre-romantic colour is already taking shape. The romance that serves as the theme of recognition already plays a leading role in the dramatic action. » (Source : Château de Versailles-Spectacles)

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