Bilan discographique 2020 – 3

Dans cette troisième partie de mon bilan discographique de l’année 2020, j’ai choisi deux enregistrements mettant en lumière la musique instrumentale, deux enregistrements qui m’ont donnée l’occasion d’explorer de nouvelles œuvres ou de redécouvrir des oeuvres connues. Ces deux albums montrent à quel point la musique classique est encore bien vivante et vibrante.

Viola Concerto & ‘Voices’- Pēteris Vasks – Maxim Rysanov

Comme l’explique Dāvis Eņģelis dans le livret accompagnant l’album, « dans ses pages les plus calmes et les plus sereines, la musique de Pēteris Vasks peut sembler translucide et fragile, mais les contrastes marqués – une des qualités individuelles de son style – nous rappellent et nous avertissent du monde éphémère, maléfique et complexe dans lequel nous vivons. Dans ses épisodes les plus féroces et les plus truculents, la musique de Vasks affronte cette angoisse du monde et la montre en gros plan. Cependant, Vasks ne laisse jamais l’auditeur sans espoir ou sans chemin à parcourir, pour s’efforcer de s’épanouir spirituellement et de mieux comprendre la vie. » (Traduction personnelle)

Ce sont toutes ces qualités que nous retrouvons dans ce sublime enregistrement du Concerto pour alto et orchestre à cordes (2014-2015), dédié à Rysanov, et de la Symphonie pour cordes « Voices » (Voix, 1991) par l’altiste et chef d’orchestre ukrainien Maxim Rysanov et le Sinfonietta Rīga.

Bells – Anthony Romaniuk

Le premier album solo du pianiste australien Anthony Romaniuk a été un de mes grands coups de cœur de 2020, une sortie d’ovni dans lequel on peut entendre des interprétation d’oeuvres baroques, classiques, modernes et contemporaines, allant de William Byrd à George Crumb, interprétées sur différents types de claviers (clavecin, pianoforte, piano, et Fender Rhodes). Un album atypique que Romaniuk a construit patiemment et qui montre son audace et sa créativité musicale comme il l’explique dans le livret accompagnant le disque : « À l’été de 2010, j’ai commencé à songer sérieusement à faire un disque en solo. Dix ans plus tard, il a émergé, radicalement différent de tout ce que j’aurais pu imaginer alors. Les années écoulées entre-temps ont été consacrées à une vaste et constante quête de sens musical. La vision généraliste a fini par l’emporter, et les idées se sont développées à partir de mon expérience tout entière. En fin de compte, cette collection de sons est ma voix, telle qu’elle est au moment présent. »

Pour construire cette vision généraliste Romaniuk s’est « intéressé à la recherche d’éléments musicaux qui transcendaient non seulement les époques, mais aussi les genres et les frontières géographiques – quelque chose de vraiment transculturel », ce qui l’a conduit à construire le programme de cet album autour de deux idées le bourdon grave, « ce qui consiste simplement à souligner les harmoniques les plus graves de toute note donnée (la fondamentale et la quinte) » et les pédales, qui « sont des notes tenues, souvent, mais pas toujours, à la basse, autour de quoi tous les autres paramètres changent ». Or, « les sons de cloche combinent bourdons graves et pédales : d’où le titre Bells. » Ce magnifique album est passionnant, excellemment interprété et permet aux mélomanes de sortir des sentiers battus des albums de récitals classiques pour nous emmener dans une exploration sonore du répertoire pour clavier.

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