Bilan discographique 2019 n°9

L’année 2019 a été une grande et belle année pour le Oslo Filharmonien, c’est-à-dire l’Orchestre Philharmonique d’Oslo, un orchestre qui sous la direction du regretté Mariss Jansons s’est hissé parmi les grands orchestres mondiaux. Depuis sa création en 1919, cet orchestre a été caractérisé par sa volonté de faire confiance à de jeunes chefs d’orchestre, qui ont par la suite fait de belles carrières internationales, de Herbert Blomstedt à Mariss Jansons, en passant par l’actuel chef principal de l’orchestre Vasily Petrenko, et le futur très jeune chef principal Klaus Mäkelä. C’est aussi un orchestre qui invite régulièrement de jeunes et talentueux chefs d’orchestre comme Kerem Hasan, Han-Na Chang, Joshua Weilerstein, Dalia Stasevska ou encore Clément Mao-Takacs, dont je vais présenter un très bel enregistrement dans ce texte.

L’Oslo Filharmonien a sorti il y a quelques mois un très bel enregistrement d’œuvres de la compositrice finlandaise Kaija Saariaho sous la direction du jeune et très talentueux chef français Clément Mao-Takacs et avec la participation du violoniste norvégien Peter Herresthal. En effet, une autre caractéristique de l’orchestre d’Oslo est de défendre la musique nordique, et notamment les créateurs contemporains comme Saariaho, mais aussi Rolf Wallin, Øyvind Torvund ou Therese Birkelund Ulvo. L’excellent livret écrit par le dramaturge Aleksi Barrière permet d’entrer dans la complexité de l’écriture de Saariaho, mais comme me le conseillait très justement le chef d’orchestre Clément Mao-Takacs sur twitter il y a quelques jours, il est préférable de se laisser porter par la poésie de la musique, dont les œuvres sélectionnées sur ce disque ont des titres très évocateurs (Vers toi qui es si loin, Circle Map, Neiges, Graal Théâtre), permettant à l’auditeur de laisser courir son imagination au fil de l’écoute. C’est un disque riche et complexe qui mérite d’être écouté et réécouté.

L’autre enregistrement marquant des musiciens de l’Orchestre Philharmonique d’Oslo est un disque marquant le début d’une belle intégrale des poèmes symphoniques de Richard Strauss sous la direction de leur chef principale, le russe Vasily Petrenko. Et le moins qu’on puisse dire c’est que le premier opus de cette intégrale, qui comprend Also Sprach Zarathoustra et de Ein Heldenleben, est dans un style assez sec et acéré, comme l’a justement remarqué Yannick Millon dans sa critique pour le magazine Classica: « On ne peut qu’être impressionné par le souffle corrosif qui traverse l’opus nietzschéen à une vitesse supersonique ». Si le critique reproche le manque de lignes secondaire, je dois avouer que je n’ai pas été personnellement dérangé par cet aspect de l’interprétation qui m’a saisie par son souffle implacable, et le côté très minéral de l’interprétation, qui me semble apporter quelque chose de neuf à la discographie, et ce disque montre à quel point les merveilleux musiciens de l’Oslo Filharmonien sont capables de tout interpréter quand ils sont inspirés par des jeunes chefs talentueux.

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