Une belle rencontre musicale

Ce bel album de sonates pour violon et piano de Fauré, Debussy et Szymanowski est une rencontre musicale très insolite mais fort réussie entre la violoniste koréenne Bomsori Kim et le pianiste polonais Rafał Blechacz. Dans les vidéos publiées par leur label Deutsche Gramophon, le pianiste polonais expliquait qu’il avait découvert la violoniste koréenne à la télévision en regardant le concours de violon Henryk Wieniawski et avait alors eu l’idée de lui proposer un programme de musique de chambre. Sur le papier, cette rencontre assez improbable semble plus tenir d’un mauvais scénario hollywoodien ou d’une rencontre organisée par leur maison de disque, mais dès qu’on écoute le disque les doutes qu’on pouvait avoir se dissipent totalement.

Ce disque montre une réelle complicité entre les deux interprètes, ainsi qu’une complémentarité entre la fougue et la jeunesse de Kim d’un côté et la rigueur et l’élégance de Blechacz. Le magnifique programme de cet enregistrement est aussi le résultat des apports de chacun, Blechacz ayant proposé la sonate de son compatriote Szymanowski, dont il est l’un des grands défenseurs, et Kim ayant proposé la première sonate pour violon et piano de Fauré. Comme un pont entre les deux œuvres, la sublime sonate de Debussy, composée en pendant la première guerre mondiale par un Claude Debussy malade d’un cancer.

Ce premier disque de musique de chambre peut laisser espérer une collaboration longue et très fructueuse entre ces deux jeunes musiciens. Il confirme également tout le bien que je pense du pianiste polonais, qui mène une carrière très rigoureuse et passionnante depuis qu’il a gagné le concours Chopin en 2005. Blechaz est l’anti-star, c’est un pianiste qui fait assez peu de concerts (40 à 50 par an), et qui a un jeu cérébral et trempé dans l’acier le plus pur. Son travail avec la jeune violoniste lui permet d’enrichir son jeu: Kim lui apporte la chaleur et une spontanéité qui font défaut à Blechacz. Le résultat est une merveille de clarté et d’élégance, un alliage splendide entre la jeunesse conquérante de Bomsori Kim et la mélancolie de Rafał Blechacz. En bis de ce beau récital les deux musiciens proposent une transcription du nocturne du Nocturne en ut dièse mineur de Chopin par Nathan Milstein.

Publicités

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s