Calendrier musical de l’Avent – 19

« Le Sacre du Printemps », c’est avant tout une pulsation, une révolution rythmique qui transforma profondément le monde de la musique, et qui plus d’un siècle plus tard semble toujours aussi moderne et novateur. Tout bon enregistrement du Sacre doit être une explosion de rythmes et de couleurs, qu’il soit interprété par un orchestre ou par deux pianistes. Marcos Madrigal et Alessandro Stella réalisent un coup de maître avec ce splendide album à quatre mains, qui compte aussi de très belles interprétations du « Prélude à l’après-midi d’un faune » de Debussy (transcription de Ravel) et des « Fontaines de Rome » de Respighi (arrangement du compositeur). L’événement que fut la première du « Sacre du printemps » au Théâtre des Champs-Elysées est bien connu des mélomanes.

Avec « Le Pélude à l’après-midi d’un faune » nous plongeons dans un univers totalement différent, un univers onirique et sensuel, à l’opposé de la violence et des tremblements de la musique de Stravinski. Voici comment Debussy résumait son œuvre : « La musique de ce Prélude est une illustration très libre du beau poème de Stéphane Mallarmé. Elle ne prétend nullement à une synthèse de celui-ci. Ce sont plutôt des décors successifs à travers lesquels se meuvent les désirs et les rêves d’un faune dans la chaleur de cet après-midi. Puis, las de poursuivre la fuite peureuse des nymphes et des naïades, il se laisse aller au soleil enivrant, rempli de songes enfin réalisés, de possession totale dans l’universelle nature. »

« Les fontaines de Rome » est à l’origine un poème symphonique d’Ottorino Respighi, qu’il a lui même transcrit pour piano à quatre main. Chaque mouvement évoque une fontaine de Rome à un moment différent de la journée. Comme l’explique le livret, Respighi venait de Bologne et considérait la ville de Rome comme « chaotique et bruyante », et à travers cette œuvre, premier volet de sa « Trilogie Romaine » avec les « Pins de Rome » et « Fêtes Romaines », il souhaitait « transcrire en musique les sensations et les images que lui ont inspirées quatre fontaine à l’heure à laquelle leur caractère est le plus en harmonie avec le paysage environnant et où leur beauté apparaît la plus suggestive aux yeux de l’observateur ».

Ce qui m’a tout de suite convaincue en écoutant cet enregistrement pour la première fois, et à chaque réécoute, c’est d’une part la maîtrise du rythme impressionnante de Marcos Madrigal et Alessandro Stella, élément absolument nécessaire à la réussite de l’interprétation des trois œuvres, mais également la richesse interprétative de leur jeu et leur sens des couleurs.

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