Calendrier musical de l’avent – 6

Cette année comme l’année dernière je vais présenter différents enregistrements du Royal Liverpool Philharmonic Orchestra, et il est somme toute assez logique que je les mentionne le lendemain d’un article sur Szell et Cleveland, car il est arrivé à Liverpool une histoire similaire à celle de Cleveland: se transformer d’un orchestre régional peu renommé, dans le cas de Liverpool l’orchestre était même dans un état assez médiocre, en un orchestre de niveau international grâce à la rencontre avec un magicien de la direction.

Mais l’album que j’ai choisi n’est pas le produit de cette rencontre, mais simplement la preuve qu’avec n’importe quel grand chef l’orchestre de Liverpool sonne magnifiquement. Question interprétation il est assez intéressant de noter que Lindberg ne donne pas une interprétation très américaine des œuvres de Bernstein, mais plutôt qu’on entend son travail sur l’œuvre d’Allan Petterson, ce qui donne un Bernstein beaucoup plus tendu et inquiet que d’habitude, avec bien sûr un soin particulier porter aux cuivres, Lindberg ayant été un très grand tromboniste. Lindberg fait peut-être du Lindberg dans Bernstein, mais cela permet de tirer Bernstein vers autre chose qu’une approche décorative et folklorique de sa musique. J’ai toujours le sentiment que la musique de Bernstein est trop souvent influencée par l’image stéréotypée qu’on se fait du compositeur et la tentation est grande de la limiter à une jolie musique un peu superficielle. Mais au fond quand on écoute vraiment ses œuvres que ce soit West Side Story ou On the Waterfront, la musique de Bernstein évoque les tensions sociales et communautaires qui déchiraient les États-Unis dans les années 50. Même derrière les épisodes dansants de On the Town ou Fancy Free semble poindre une angoisse sourde et diffuse.

Voici ce que j’écrivais il y a quelques mois:

« En cette année 2018 nous célébrons le centenaire de la naissance du compositeur et chef d’orchestre Leonard Bernstein, et forcément depuis le début de l’année il y a eu de nombreuses parutions d’enregistrements consacrés à Bernstein, mais un album a particulièrement attiré mon attention, celui de Christian Lindberg avec l’orchestre de Liverpool. Ce qui m’a tout de suite frappée dans cet enregistrement c’est non seulement la netteté et la précision de l’orchestre dirigé par le grand tromboniste et chef d’orchestre suédois Christian Lindberg, mais surtout le mordant de l’interprétation qui rend la musique de Bernstein beaucoup plus tendue et dramatique que d’habitude, en particulier les danses de West Side Story. J’avais en tête le souvenir d’une musique jolie et un peu fade, mais là grâce au chef suédois et aux musiciens de Liverpool, j’ai vraiment entendu une musique beaucoup plus dissonnante et vibrante que ce dont je me souvenais. Mention spéciale pour les cuivres et les percussions qui sont remarquables. Un enregistrement de référence qui montre une nouvelle fois l’excellence du Royal Liverpool Philharmonic Orchestra. »

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s