Calendrier musical de l’avent – 3

L’année dernière j’avais sélectionné le bel enregistrement d’Armide de Lully par Christophe Rousset et les Talens Lyriques. Cette année les Talens Lyriques ont poursuivie leur exploration des opéras de Lully avec l’enregistrement d’une autre tragédie lyrique issue de la collaboration entre le compositeur Jean-Baptiste Lully et le librettiste Philippe Quinault, Alceste. En 1674, année de la création d’Alceste, il y avait encore une séparation entre la tragédie, genre théâtral, et la musique qui était réservée à la comédie. Avec cette création d’une tragédie en musique Lully et Quinault ont crée un nouveau genre, la tragédie lyrique, ce qui marqua la naissance de l’opéra à la française.

Cet opéra raconte l’histoire d’Alceste (Judith Van Wanroij), princesse de Iolcos, puis reine de Théssalie, qui est enlevée par Licomède (Douglas Williams), le roi de Scyros, avec l’aide de sa soeur la déesse Thetis (Bénédicte Tauran), qui provoque une tempête avec l’aide des aquillons, pour couvrir la fuite de son frère. Grâce à l’intervention d’Eole (Etienne Bazola), le dieu des vents, Alcide (Edwin Crossley-Mercer) et Admète parviennent à poursuivre Lycomède, puis Alcide parvient à reconquérir Alceste alors que  mari d’Alceste, Admète (Emiliano Gonzales Toro), est blessé mortellement. Le dieu Apollon (Enguerrand de Hys) accepte de laisser Admète vivre si quelqu’un prend sa place au monde des enfers. Alceste est prête à donner sa vie pour son époux, mais elle est sauvée par Alcide qui est amoureux d’elle, sous condition qu’elle devienne son épouse. L’opéra se fini par la célébration du retour d’Alceste du monde des enfers et de la noble décision d’Alcide qui la rend à son mari. Parallèlement à cette intrigue principale se déroule une intrigue secondaire, comique, qui narre les amours des confidents des personnages principaux.

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Cet enregistrement est remarquable par la maîtrise des couleurs et des textures par Christophe Rousset à la tête du superbe ensemble des Talens Lyriques, qu’il a créé en 1991. Christophe Rousset maîtrise plus que tout autre la musique de Lully, sachant insuffler à l’orchestre un style tour à tour hiératique et noble, dansant et enlevé, sensuel et langoureux. Côté chanteurs, les solistes et les Chœurs de Chambre de Namur sont dans l’ensemble remarquables, avec une mention spéciale pour la jeune soprano Lucía Martín-Cartón, qui déclame des rôles certes secondaires mais marquants (la Nymphe de la Seine dans le Prologue, la Femme Affligée annonçant la mort d’Alceste, une autre Nymphe, ainsi qu’une Ombre) avec un engagement et une science de la déclamation bouleversants.

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