Les beaux disques du printemps (1)

Cela fait longtemps que je n’ai pas écrit pour le blog pour des raisons diverses et variées (fatigue, travail, maladie, angoisse de la page blanche), mais un enregistrement récent m’a donné envie d’écrire un billet sur les sorties discographiques récentes qui m’ont enthousiasmée. Les beaux disques du printemps que je vais présenter remontent parfois au mois de février, mais apparemment dans le calendrier celtique le printemps commence le 1er février.

Un enregistrement de Piotr Anderszewski est toujours un événement musical pour moi, et là je dois dire que j’ai été comblée par cet enregistrement des concertos n°25 et n°27 de Mozart par le pianiste polonais, qui dirige pour l’occasion le Chamber Orchestra of Europe. C’est un enregistrement d’une simplicité limpide. La musique de Mozart respire d’une façon qui semble si naturelle et sans effort que c’en est presque miraculeux (et c’est bien sûr le résultat d’un travail acharné). Au fur et à mesure des années le jeu d’Anderszewski a acquis une netteté et une clarté, ainsi qu’une douceur qui sont proprement idéales dans cette musique. Son touché allie la pureté du cristal à la douceur du velours. Ici le dialogue avec l’orchestre est absolument superbe, car le pianiste conçoit ces concertos comme des pièces de musique de chambre dans lesquelles le soliste et l’orchestre sont constamment en train de converser. Le Chamber Orchestra of Europe prend donc pleinement part à cette conversation et n’est pas là pour simplement accompagner le soliste, et l’on sent une réelle osmose entre les deux. Le grand gagnant au final est Mozart, dont les concertos nous paraissent si jeunes et vifs dans cette très belle lecture.190295724184.jpg

Mon deuxième coup de coeur du printemps revient au sublime enregistrement des sonates Hammerklavier et Clair de Lune de Beethoven par Murray Perahia. Au fond je pourrais presque faire les mêmes remarques que pour le disque précédent: clarté, naturel et simplicité sont les qualités de ce disque, qui ne contient que deux sonates de Beethoven, mais deux chef d’oeuvre parfaitement executés par un musicien au sommet de son art. J’ai eu l’impression en écoutant cet enregistrement qu’une pellicule de poussière venait d’être retirée de ces deux sonates et que je pouvais les écouter pour la première fois dans toute leur beauté. Ce qui est très impressionnant dans ce disque, c’est le sens de la construction de ces deux cathédrales beethovéniennes. On sent réellement une grande musicalité dans la capacité à construire l’architecture musicale de ces sonates. Tout fait sens et est parfaitement pensé et exprimé.

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Kirill Gerstein a la particularité d’avoir reçu la formation classique d’un pianiste russe qui excelle dans les interprétations du répertoire russe (Tchaïkovsky, Scriabine, Prokofiev) et le répertoire romantique en général, mais il a également été le plus jeune étudiant à être admis au Berkley College of Music à Boston, où il a étudié le jazz. Son dernier disque consacré au compositeur américain George Gershwin est une merveille absolue. Son interprétation de la célèbre Rhapsody in Blue, accompagné du fantastique Saint Louis Symphony Orchestra et David Robertson, est renversante.  Et le reste du disque est à l’avenant. J’ai eu l’impression en écoutant cet enregistrement que la musique était créée à l’instant et jouée pour la première fois. C’est Gershwin en technicolor et cela vibre de partout!

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