Osmose

En pénétrant dans la grande salle Pierre Boulez de la Philharmonie le mercredi 24 janvier, mes attentes étaient assez élevées concernant l’interprétation du premier concerto pour piano de Beethoven par Piotr Anderszewski, mais il restait l’inconnue de l’entente entre ce grand pianiste polonais et l’orchestre de Paris, dirigé pour l’occasion par le chef britannique Jonathan Nott, actuellement directeur musical de l’orchestre de la Suisse Romande. Les musiciens manquent parfois de temps en répétition pour se mettre d’accord sur l’interprétation et les placements du soliste et de l’orchestre, ce qui peut parfois mener à de légers décalages une fois arrivée le concert, ou même pire un désaccord assez flagrant entre le soliste et l’orchestre.

Mais mercredi dernier quelque chose de miraculeux s’est produit sous mes yeux et surtout dans mes oreilles, il y eu une communion parfaite entre Anderszewski, Nott et les musiciens de l’orchestre de Paris. Anderszewski refuse de jouer les concertos plus tardifs de Beethoven, qui pour lui n’ont plus les caractéristiques chambristes du premier concerto, dont il apprécie le dialogue entre le piano et l’orchestre, . Et bien pour la première fois j’ai compris ce qu’il voulait dire par là, car il y avait un dialogue de chaque instant entre le soliste et l’orchestre, qui semblaient se répondre musicalement pendant tout le déroulement du concerto.

Et puis bien sûr il y avait le jeu d’Anderszewski lui-même qui est totalement envoutant. En France ce grand pianiste polonais reste peu connu, notre pays étant parfois exceptionnellement fermé à ce qui se passe dans le reste du monde musical. Anderszewski est un de ses pianistes rares et atypiques, voire excentrique, qui n’est pas sans rappeler une de ses idoles, Sviatoslav Richter. Comme Richter il refuse de jouer des intégrales et a une très grande rigueur interprétative tout en donnant toujours des interprétations absolument inimitables des oeuvres qu’il aborde. C’est aussi un pianiste qui peut décider de prendre une année sabbatique et disparaître de la scène musicale, ou bien décider de s’installer avec son piano dans un wagon de train et de faire le tour de la Pologne et de la Hongrie pendant six mois.  Son jeu est à la fois très clair et rigoureux, d’une netteté qui donne parfois l’impression qu’il décape la partition, et extrêmement aventureux. Il se caractérise aussi par un sens fort des contrastes, et une palette de couleurs extrêmement riche.

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