Calendrier musical de l’Avent – 21

Aujourd’hui je vais vous parler d’Eugen Jochum, mais en laissant de côté Bruckner. Et c’est très bien comme cela, car Jochum lui-même regrettait que les critiques parlent tout le temps de lui comme le « Bruckner Dirigent » et oublient ses interprétations de Mozart, Beethoven, ou Brahms. J’ai découvert Jochum en même temps les concertos pour piano de Brahms grâce à Emil Gilels. J’étais dans un magasin de disques et j’ai vu la pochette du célèbre enregistrement des deux concertos pour piano par Gilels, Jochum et les Berliner Philharmoniker. Gilels étant une de mes idoles à cette époque, j’ai acheté le disque sans grande hésitation, même si écouter Brahms ne me tentait pas trop. A l’époque je pensais que la musique de Brahms était à l’image des portraits qu’on voit partout du compositeur allemand, vieille, ennuyeuse et rigide, mais dès que j’ai entendu les premières mesures du premier concerto j’ai compris à quel point je me trompais. Après cette première merveilleuse rencontre, j’ai eu envie d’écouter d’autres enregistrements de Jochum, ses symphonies de Brahms, sa version de Carmina Burana, son Chant de la Terre de Mahler et ses enregistrements de Mozart, Beethoven et Schubert.

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Jochum est principalement resté dans les mémoires comme un des grands spécialistes du répertoire austro-germanique romantique et post-romantique, mais en concert le chef bavarois avait un répertoire beaucoup plus large. Dans ce coffret de 42 CD publié par Deutsche Grammophon, on peut écouter de superbes versions des Variations Enigma d’Elgar et de pièces de Sibelius, ainsi que de magnifiques enregistrements des symphonies de Haydn et de Mozart. Un deuxième coffret consacré aux enregistrements vocaux devrait permet de redécouvrir ses interprétations de la musique de Bach.

Eugen Jochum était le contraire d’un chef d’orchestre tyrannique, et considérait que son travail était de permettre aux musiciens d’être libres. En écoutant Jochum, on a un sentiment de grande fluidité, comme si la musique coulait de source, notamment dans Brahms. J’ai également toujours eu l’impression en l’écoutant qu’avec Jochum la musique avance, et ce n’est pas si évident que cela. Enfin, ce catholique fervent qui ne versait pas dans le mysticisme, était un musicien d’une grande humanité comme le montre particulièrement son enregistrement du Chant de la Terre, qui est magnifique de douceur et de poésie.

 

 

 

 

 

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