Calendrier musical de l’Avent – 16

Qu’est-ce qu’un grand chef ? A mon humble avis, il y a deux éléments primordiaux : d’une part, il y a la technique, la capacité à contrôler l’orchestre (les phrasés, les tempi, l’équilibre orchestral, les couleurs), et puis il y a un élément plus subjectif, le souffle, le fait de transmettre une vision de la musique, de lui donner une âme. Le chef italien Riccardo Chailly est l’exemple même du grand chef d’orchestre. Avant d’être nommé à la tête de l’orchestre de la Scala, il a dirigé de très prestigieuses phalanges européennes comme le Concertgebouw d’Amsterdam et le Gewandhaus de Leipzig, et il a laissé de sa collaboration avec ces orchestres un témoignage discographique déjà très important.

0002894831151_600.jpg

Chailly, qui a commencé sa carrière à Milan comme assistant de Claudio Abbado, est désormais directeur musical de la Scala. Après un disque consacré à Verdi, il nous a offert cette année un enregistrement  d’ouvertures, de préludes et d’intermezzi tirés d’opéras italiens presque tous créés à la Scala, qui montrera non seulement la maîtrise orchestrale du chef italien, mais également toute sa passion et son énergie. L’enregistrement, même s’il n’est pas organisé chronologiquement, permet de mesure l’évolution de l’opéra italien depuis Rossini jusqu’à Puccini.

Une des grandes qualités de Chailly pour moi, c’est sa maîtrise du rythme et de l’équilibre orchestral, ce qui est essentiel dans la musique italienne. Avec Chailly la musique devient virevoltante, et l’on ne peut qu’être emporté dans la course folle, mais toujours maitrisée, dans laquelle il nous entraîne. Il nous fait ressentir une forme d’urgence et d’évidence de la musique qui happe l’auditeur. Dans cet enregistrement les morceaux sont organisés de telle sorte qu’il y a un contraste entre des pièces enlevées, joyeuses et brillantes et des pièces sombres, tragiques et funèbres. C’est un vrai bonheur à écouter, et cela permet aussi de découvrir des opéras assez peu connus avec par exemple l’ouverture de Ugo, Conte di Parigi de Donizetti ou l’ouverture de Il Finto Stanislao de Verdi.

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s