Calendrier musical de l’Avent – 15

Il est toujours extrêmement émouvant de découvrir des enregistrements jusque là inédits des grands chefs du passé, notamment quand ce sont des enregistrements de concert. Otto Klemperer a été le dernier représentant de la grande tradition germanique, notamment dans les années 50, quand Walter Legge lui confia la direction du Philharmonie Orchestra, qu’il dirigea pendant 15 ans. A partir de ce moment là, alors que Furtwängler venait de disparaitre et que Bruno Walter ne dirigeait plus que rarement, Klemperer restait le dernier grand héritier de la grande tradition musicale germanique, une tradition qui mêlait une grande austérité dans la lecture de l’oeuvre avec une approche métaphysique de la musique. Klemperer est resté célèbre pour ses interprétations de la musique germanique des 19e et 20e siècle, particulièrement Beethoven, Brahms, Mahler et Bruckner, et il a également créé plusieurs oeuvres de ses contemporains (Schönberg, Hindeminth, Stravinsky, Janacek, Weill).

Le génie de Klemperer reposait dans un respect stricte de la partition et une capacité à partager une vision monumentale, claire et précise des oeuvres qu’il dirigeait, sans pathos ni effet aucun effet. Klemperer était un bâtisseur de cathédrales sonores, et l’on ne peut qu’être frappé par la noblesse, la grandeur et le hiératisme de ses interprétations. Ecouter Klemperer, c’est se retrouver directement face à l’oeuvre.  Quand l’émotion vient, elle vient de la musique elle-même, et non pas des affects du chef, comme c’est malheureusement le cas chez trop de chefs de nos jours.

Voici ce qu’écrivait le New York Times au moment de sa mort :

« In his last years, Mr. Klemperer, at the head of his Philharmonia Orchestra, was known as a rock of integrity and moral authority in his conducting. His measured tempos and inspired literalness, his iron insistence on correct performance, brought new meanings to his readings of Beethoven, Mahler and others.

Mr. Klemperer’s conducting was marked by a strict observance of the text. He was never interested in obvious or flashy effects, and was always in complete command of the orchestra. He had a wonderful sense of orchestral balance, and tried with all his power to communicate the central essence of the music.

His interpretations could be austere, but they were never dull. They had an uncompromising kind of musical honesty unparalleled in his generation. »

L’enregistrement proposé est un coffret de bandes sonores datant de 1955, donc de la fin de sa carrière à tête du Phiharmonia orchestra.  Ce sont des inédits qui proviennent des collections de Richard Itter, un producteur de disques indépendant qui put enregistrer des retransmissions de concerts de Klemperer avec son orchestre et le BBC Symphony orchestra en direct du Royal Albert Hall et des studios de la BBC, mais ce sont des enregistrements qui jusqu’à maintenant n’avaient jamais été publiés.

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La prise de son est parfois de qualité médiocre, avec pas mal de bruits parasites, notamment au début la symphonie 29 de Mozart, mais très vite la puissance de l’interprétation emporte tout. Vous pouvez aussi regarder sur youtube un documentaire passionnant sur  la vie et la carrière de Klemperer (avec notamment un témoignage de Pierre Boulez), ainsi qu’une vidéo de son tout dernier concert:

 

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