Calendrier musical de l’Avent – 7

Les concertos pour piano de Beethoven sont un excellent moyen d’embrasser l’évolution musicale du compositeur, depuis ses débuts où l’on sent encore l’influence mozartienne jusqu’à la période de maturité, où le style de Beethoven apparaît dans toute sa plénitude. Ces concertos permettent également de mesurer la révolution opérée par Beethoven dans la forme du concerto, qui sort avec lui du cadre de la musique de chambre pour devenir plus symphonique et s’ancrer dans les salles de concert (ce dont se désole un pianiste comme Piort Anderszewski qui refuse de jouer les concertos de Beethoven au delà du premier).

Les concertos de Beethoven sont des oeuvres si populaires, notamment le très impressionnant 5e concerto, que les enregistrements ne manquent pas, et qu’on pourrait bien se demander pourquoi présenter une énième intégrale de ces concertos. Et bien tout simplement parce cette nouvelle intégrale par Jean-François Heisser et l’orchestre de chambre de Nouvelle Aquitaine est merveilleuse et permet de redécouvrir l’oeuvre dans toute sa grande, noble et belle simplicité.

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En écoutant cette intégrale je peux vous dire que mon coeur a bondi de joie, de la même joie que celle qui m’a saisie quand j’ai écouté le concerto pour violon présenté dans mon premier épisode de ce calendrier musical. Sauf que là la joie était presque double parce qu’en plus je découvrais un pianiste et un orchestre formidables. Que c’est Beethoven, quand les interprètes laissent sa musique respirer, chanter, s’exprimer, sans l’alourdir, la surcharger ou l’utiliser à sa propre gloire. Beethoven est trop souvent utilisé pour faire ce que j’appelle de la pyrotechnie, notamment par les pianistes qui veulent démontrer leur technique, alors qu’elle demande un respect scrupuleux. Jean-François Heisser a d’ailleurs expliquer son approche dans un passionnant entretien avec le critique Vincent Guillemin dans Altamusica (et je ne peux que le remercier de m’avoir fait découvrir ce pianiste que je ne connaissais pas jusqu’alors):

Entretien avec Jean-François Heisser

Dans cet enregistrement tout semble évident et naturel. C’est la musique de Beethoven qui est au premier plan, et non pas l’égo d’un pianiste ou d’un chef. Pourtant il n’y a rien de simple, ni d’évident à aboutir à ce type de performance. Cela demande de la part des artistes impliqués une grande maîtrise des oeuvres, et de leurs instruments. Car face à la musique de Beethoven, le soliste et l’orchestre sont comme à nus, ils doivent faire preuve d’une musicalité sans faille pour affronter l’immensité et l’intimité qui comme toujours coexistent dans cette oeuvre des contrastes et des extrêmes.

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